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Ubisoft étoffe sa création "made in France" de jeux vidéo

Publié le 24/04/2017
Gauthier Kerros


Souvent critiqué pour son manque de soutien à la production hexagonale, le leader français des jeux vidéo ouvre un nouveau studio à Bordeaux, une première en France depuis 20 ans.

Créé en 1986, le développeur, éditeur et distributeur français de jeux vidéo Ubisoft est devenu l’un des studios incontournables du secteur avec un chiffre d’affaires de 1,39 milliards d’euros. Le groupe possède un riche portefeuille de marques de renommée internationale telles que « Assassin’s Creed », « Just Dance », « Rayman » ou encore la série de jeux vidéo Tom Clancy.

Après Paris, Montpellier, Lyon et Annecy, le troisième éditeur de jeux vidéo mondial vient d’annoncer l’ouverture d’un nouveau studio à Bordeaux et la création de 40 emplois dès la première année.

« Il y a un écosystème à Bordeaux qui est très intéressant. C’est un bassin dynamique, grâce à ses écoles et ses formations [l’Enseirb-Matmeca, l’Ecole nationale supérieure de cognitique à Bordeaux, ou encore l’Enjmin, l’École nationale du jeu et des médias interactifs numériques à Angoulême, NDLR]. Ça a motivé notre choix », explique Emmanuel Carré, porte-parole d’Ubisoft.

Il faut dire que Bordeaux est aussi, avec Paris et Lyon, l’une des terres historiques du jeu vidéo en France. C’est ici que s’étaient installées Kalisto en 1990 (Pac Man) et In-Fusio en 1998 (jeux pour téléphones portables). Plusieurs de ses anciens employés ont fondé Asobo en 2002, aujourd’hui à la pointe du développement de jeux vidéo holographiques. Ce studio travaille ainsi en partenariat avec Microsoft pour Hololens, son casque de réalité augmentée.

En dix ans, Ubisoft a triplé ses effectifs en France avec 2.000 salariés. Et ce n’est pas tout, Yves Guillemot, le PDG et cofondateur, a déclaré récemment qu’Ubisoft entendait recruter entre 500 et 1.000 personnes en France d’ici 5 à 10 ans.

Cette stratégie a été rendue possible grâce au au Crédit d’impôt Jeu vidéo (CIJV). Créé en 2008, il permet aux acteurs implantés sur le territoire de déduire de l’impôt sur les sociétés une partie de leurs dépenses de production. De quoi permettre à la France d’être concurrentielle par rapport aux Etats-Unis et au Canada, où Ubisoft emploie plus de 3.000 salariés.