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Frenchvanitytribune

Vente-privée à la conquête de l'Europe

Publié le 25/04/2016
Gauthier Kerros


En une quinzaine d’année, le site de déstockage en ligne créé par Jacques-Antoine Granjon est devenu incontournable. Pour accroître son leadership en Europe, face à la concurrence d’Amazon et consorts, Vente-privee enchaîne les acquisitions.

Véritable figure de l’économie digitale française au même titre que Xavier Niel ou Marc Simoncini, Jacques-Antoine Granjon est une personnalité atypique. Issue d’une famille aisée du XVIème arrondissement de Paris, le jeune Granjon préfère investir les 20.000 francs prêtés par son père dans une entreprise de déstockage plutôt que de poursuivre ses études.

Du Sentier au Web, le difficile passage à l’e-commerce

En 1985, du haut de ses 22 ans et à peine diplômé de l’EBS, une école de management parisienne, le jeune Granjon se lance dans le déstockage des fins de séries avec Julien Sorbac, copain de promo. Avec Cofotex, leur entreprise, ils parviennent à racheter les invendus de puis les écoulent auprès de vendeurs sur les marchés. Avec près de 200 millions de francs de chiffre d’affaires en 1999, ils se targuent même d’être le premier déstockeur français.

En 2000, avec ses associés, Jean-Antoine Granjon voit dans Internet « la possibilité de faire entrer le monde entier dans une boutique virtuelle présentant des catalogues numériques ». Il lance un an plus tard un concept 100% innovant : vente-privee.com, une plateforme en ligne de déstockage d’articles de grandes marques.

Si le constat est le bon, les débuts sont calamiteux. Design austère et minimaliste, à peine une opération par semaine… Les clients ne viennent pas. L’achat en ligne n’est pas encore entré dans les mœurs. Résultat, le site engloutissait 300.000 euros par an. Fin 2003, Granjon réunit ses 7 associés pour leur demander s’ils voulaient poursuivre l’aventure. Seuls quatre répondent par l’affirmative. Il faut attendre le printemps 2004 pour que le site décolle véritablement.

Un poids lourd européen de la vente en ligne

Il faut attendre l’arrivée de l’internet à haut débit dans les foyers en 2004 pour que débute enfin la révolution « e-commerce ». A partir de 2005, la société se développe très vite. Elle se positionne en Espagne et en Allemagne dès 2006, en Italie en 2010, aux Pays-Bas en 2011. Son chiffre d’affaires passe de 652.900 euros en 2002, à 436,7 millions d’euros en 2007, un milliard d’euros en 2011 et 2 milliards en 2015.

Après l’échec de sa co-entreprise avec American Express aux Etats-Unis, vente-privee.com se recentre sur l’Europe et enchaine les acquisitions : le site belge Vente-Exclusive en septembre 2015, le leader espagnol Privalia (présent aussi en Italie, au Brésil et au Mexique) et le suisse Eboutic en avril 2016. « Cumulé à notre croissance organique attendue à 17% cette année, ces acquisitions devraient permettre au groupe de franchir la barre des 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2016 », s’est félicité Jacques-Antoine Granjon dans « Les Echos ».

Ces relais de croissance viennent renforcer la stratégie de diversification menée depuis plusieurs années. A partir de 2014, les ventes éphémères en ligne se sont progressivement étendues à la gastronomie, au vin, à la décoration, au voyage, au tourisme et au divertissement. Pour étoffer son offre, Jacques-Antoine Granjon n’hésite pas à investir : Weezevent (vente de billets en ligne), Mysterfly (plateforme de réservation de vols), Théâtre de Paris, Théâtre de la Michodière, les Bouffes parisiens…

En fourbissant ainsi ses armes, Vente-privee compte se prémunir de la menace qu’incarnent Amazon, qui se positionne de plus en plus sur la mode, mais aussi d’autres concurrents comme Zalando, Asos ou encore Yoox.