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Babolat, toujours un coup d'avance

Publié le 12/02/2018
Gauthier Kerros


Depuis 1875, l’équipementier lyonnais n’a jamais cessé de se réinventer. Mondialement connu pour ses cordages de tennis, Babolat a plus d’une corde à sa raquette.

Chez Babolat, l’innovation est presque une marque de fabrique. Des Mousquetaires à Nadal, du boyau naturel à la raquette connectée, la marque française n’a cessé de révolutionner la pratique du tennis.

Avant tout une histoire de cordage

Au XIXème siècle, l’entreprise familiale lyonnaise n’avait aucun lien avec le sport. Elle était spécialisée dans la transformation de boyaux de mouton pour la charcuterie, les instruments de musique et la chirurgie. Il a fallu attendre 1875 pour que Babolat fabrique un cordage, à la demande de Bussey, un  fabricant anglais de raquettes. 

« Par rapport aux cordages en lin et en coton qui étaient utilisés dans les premières heures du tennis, le boyau naturel a offert un effet trampoline, Il s’est montré capable d’emmagasiner de l’énergie et de la restituer à la balle. Cela a considérablement changé le jeu. Par ailleurs, ce cordage naturel avait la faculté de se détendre très peu. Ce qui a permis des performances régulières », éclaire Xavier Gibert, directeur marque et innovations chez Babolat.

Rapidement, le cordage Babolat est devenu une référence. Mais dès les années 1950, l’entreprise lyonnaise prend le virage du boyau artificiel. En 1955, elle lance Elascord, la toute première gamme de cordage en gaine de nylon. En 1977, elle créée la première machine à corder et le cordage multifils (protégé par plusieurs brevets), qui s’est imposé comme le haut de gamme du synthétique.

Une diversification gagnante

Leader mondial du cordage, Babolat décide de partir à la conquête de nouveaux relais de croissance au début des années 1990. Naturellement, la diversification débute par une gamme de raquettes. Puis, Éric Babolat poursuit l’œuvre de son père en créant, dans les années 2000, des balles, des chaussures et des vêtements Babolat. 

Grâce à son porte-drapeau, Rafael Nadal,  Babolat s’est développé au rythme des succès de l’Espagnol. En 20 ans, le chiffre d’affaires a été presque multiplié par dix, pour atteindre 141,7 millions d’euros. 

Mieux, le cordage, unique source de revenus durant un siècle, ne représente plus que 12 % de l’activité de la marque (16,8 millions d’euros de recettes), largement dépassé par les ventes de raquettes (68,4 millions) ou même de chaussures (26,8 millions).

Le pari du tennis connecté

Désormais présent dans 155 pays, Babolat n’a, du reste, pas fini d’innover. Il y a quatre ans, la marque a pris le virage du numérique en lançant la première raquette connectée. Le principe est simple. Les différents capteurs, incrustés dans le manche, renseignent le tennisman sur sa puissance de frappe, la zone d’impact de la balle, le nombre de coups droits, de revers, de smashes, les effets, la durée de jeu... Ces informations sont ensuite transmises à l’application Babolat Play créée à cet effet.

Eric Babolat, PDG de l’entreprise, estime que dans une dizaine d’années « l’ensemble des raquettes sera connecté à l’image du tennis. Actuellement, nous vendons 1,8 million de raquettes par an dans le monde. Je vous laisse donc en conclure nos perspectives à terme... Dans cette logique nous pensons aussi que les chaussures ou encore le textile deviendront également connectés ».

Quand on vous dit que Babolat a toujours un coup d’avance.