Gameloft, prochaine conquête de Vivendi?

Gameloft, prochaine conquête de Vivendi?

Publié le 22/02/2016
Gauthier Kerros


Vincent Bolloré est peut-être fan de March of Empires, l’un des best sellers de la marque : il vient de lancer une OPA hostile sur l’éditeur de jeux pour smartphone.

La citadelle Gameloft, défendue bec et ongle par la famille Guillemot, va-t-elle tombée dans les griffes de Vivendi ? Bolloré semble avoir, cette fois, lancé son offensive finale.

L’épilogue d’une prise de contrôle annoncée ?

Depuis des mois l’homme d’affaires breton n’a eu de cesse de grimper au capital de Gameloft (tout comme d’Ubisoft), malgré la farouche opposition des fondateurs. Le seuil des 30% du capital dépassé, il a déposé un projet d’offre publique d’achat (OPA) visant la totalité du capital de Gameloft au prix de 6 euros par action. Le sort de la sœur d’Ubisoft semble scellé. La famille fondatrice ne détient à ce jour que 18,99% du capital et 27,26% des droits de vote de Gameloft.

L’OPA valorise la société à 512 millions d’euros, soit une prime de 50,4% sur le cours de mi-octobre, avant le début des hostilités avec Vivendi. Mais elle est inférieure au cours actuel de la société de jeux sur mobile, qui a profité ces dernières semaines de la spéculation sur son éventuel rachat. Mais dans le contexte actuel de volatilité des marchés, les actionnaires pourraient être tentés céder leurs titres en bloc à Vivendi et profiter de leurs plus-values…

Une pépite des jeux pour mobiles

Si l’OPA menée à la hussarde par Bolloré réussit, Vivendi mettra la main sur une pépite. Créée en 1999, Gameloft a été une des premières sociétés au monde à développer des jeux pour les téléphones. Véritable pionnière, elle dispose rapidement d’un large catalogue, dont les adaptations mobiles de jeux consoles développés par sa société sœur Ubisoft, tels que Prince of Persia, Rayman ou Tom Clancy’s Splinter Cell.

2 millions de ses jeux sont téléchargés chaque jour dans le monde. Tous produits en interne,  la société compte une armée de 5 000 développeurs répartis dans 21 studios à travers l’Amérique, l’Europe et l’Asie. Elle a conclu des accords directs avec plus de 200 opérateurs dans plus de 118 pays, avec toutes les grandes boutiques d’applications en ligne (dont l’App Store, Google Play , Windows Store et Amazon), les principaux fabricants de mobiles, smartphones et tablettes, des réseaux sociaux, et des fabricants de TV connectées et de boxes triple play.

Que faire face à l’ogre Vivendi ?

Si Vivendi assure que son offre est « créatrice de valeur pour les deux entreprises » et qu’elle apportera à Gameloft « de nouveaux leviers de développement industriels et financiers », il ne parvient pas à convaincre les frères Guillemot.

Ces derniers dénoncent depuis le début « l’agression » de Bolloré. Mais face au flibustier breton, leurs chances sont maintenant bien minces… Trouveront-ils un chevalier blanc ? La suite au prochain tour.