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Frenchvanitytribune

Archos, enfin la résurrection?

Publié le 21/01/2016
Gauthier Kerros


Créé par Henri Crohas en 1988, Archos avait frôlé la faillite en 2009. Diversification, prix agressifs et développement dans les pays émergent devraient permettre à l’entreprise de retrouver l’équilibre en 2015. Un nouveau départ ?

Les débuts d’Archos s’annonçaient prometteurs… sans Apple. Reconnue comme précurseur sur le marché de l’audio et des lecteurs vidéo portables, Archos s’est vu sans cesse rafler la mise par la firme de Cupertino.

Après avoir fabriqué des cartes mémoires pour les consoles de jeu Amiga Commodore puis des lecteurs et graveur CD externes durant les années 1990, Archos commercialise son premier lecteur mp3, le Jukebox 6000, dès 2000. C’était sans compter sur la « révolution » nommée Ipod fin 2001.

En 2003, au cours de la 36ème édition du CES de Las Vegas, le plus grand salon mondial des professionnels de l’électronique grand public, Archos se voit décerner le « Best Of Show », la plus haute distinction remise à l’occasion du salon pour l’un de ses baladeurs vidéo enregistreur. C’était sans compter sur la « révolution » Ipod Touch.

En 2008, Archos est le premier fabricant de tablette numérique et en 2009, le premier à proposer des tablettes Android. Mais la « révolution » Ipad allait tout balayer…

Un recentrage sur l’entrée de gamme

Pour tenter de tirer son épingle du jeu, Archos décide d’investir le créneau de l’entrée de gamme, avec un relatif succès. Depuis le lancement de sa première tablette, Archos se maintient tant bien que mal dans le top 5 européen, avec des ventes représentant près de la moitié des 132 millions de chiffres d’affaires réalisés en 2014.

Depuis 2013, la société a logiquement investi le terrain des smartphone à très bas prix, à l’instar de son concurrent franco-chinois Wiko. Avec un large choix de téléphones et smartphones, de 19,99 euros à 199 euros, les ventes se comportent bien avec 2 millions d’unités écoulées.

Les derniers smartphones 4G, baptisés Helium Plus, Diamond et Diamond S sont mêmes salués pour leur design, leur finition et même leurs performances !

Fidèle à l’esprit « géo-trouvetout » de son fondateur, la marque française développe également son offre d’objets connectés avec l’Archos Smart Home, comprenant une tablette, 2 mini-caméras, 2 capteurs de mouvement et 2 capteurs météo. Le tout pour 229 euros…

Les pays émergents en ligne de mire

Si la société mise toujours sur le Vieux Continent et les Etats-Unis pour écouler ses produits, elle compte fortement sur l’Afrique et les pays du Maghreb pour doper sa croissance. Au premier trimestre, ils ont déjà largement tirés les ventes : le chiffre d’affaires du groupe hors Europe a bondi de 77% !

2015 marque une accélération du déploiement de la marque en Afrique. En Egypte les produits Archos sont distribués en exclusivité via Uni Group, fort de 1700 points de vente. Dans ce pays Loïc Poirier, directeur général depuis mai 2013, vise un chiffre d’affaires de 25 millions d’euros dès cette année. Le 30 janvier dernier, la gamme a été lancée au Sénégal, en partenariat exclusif avec NetCall Africa, filiale télécom de CCBM, leader de la distribution au Sénégal (intervenant dans le domaine de l’automobile, de l’électronique et de l’alimentaire). Un mois plus tard la marque posait ses valises au Nigéria.

Des pourparlers sont en cours pour des partenariats de distribution en Algérie, au Maroc, en Tunisie et en Arabie Saoudite…

PicoWAN, réseau pour objets connectés

Filiale dédiée à l’Internet des objets, PicoWAN va entamer une course de vitesse contre ses compatriotes Sigfox, Qowisio ou encore Actility. Créée autour d’Henri Crohas himself, PicoWAN a pour ambition d’être le premier réseau basse puissance longue portée, collaboratif, global et à très bas coût pour les objets connectés.

Reposant sur le protocole LoRa (développé par Cycleo, startup iséroise rachetée par l’Américain Semtech), le réseau développé par Archos sera composé de milliers de « pico-passerelles », des prises connectées à internet par Wifi ou Ethernet au sein même des bâtiments et non sur des antennes comme la concurrence, en particulier Sigfox. « Nous estimons qu’il faut 10 000 antennes pour couvrir la France et 50 000 pico-passerelles pour assurer la même couverture, mais avec un coût 100 fois moins cher, puisque notre prise ne coûte que quelques euros », précise Loïc Poirier.

Pour assurer le déploiement éclair de son réseau en Europe, Archos prévoit de distribuer gratuitement près de 200 000 appareils. Elle prévoit également un partage des revenus à parité avec ses partenaires. Avant de se tourner vers les particuliers, PicoWAN se consacre aux professionnels avec  un tarif attractif qui démarre à 50 centimes par an et par objet connecté.

Le triptyque innovation, design et prix combiné aux partenariats dans les pays émergents devrait permettre à Archos de revenir à l’équilibre cette année. Il s’agit maintenant de ne pas décevoir, en veillant à l’approvisionnement et à la qualité du service client, souvent décriés par le passé. Quant à PicoWAN, rendez-vous au Mobile Word Congress de Barcelone, en février 2016, pour une démonstration très attendue.