Commentaires

Aucun commentaire
Soyez le premier à réagir
Frenchvanitytribune

Sportive et glamour, Renault veut refaire vibrer avec Alpine

Publié le 19/02/2016
Gauthier Kerros


Après 20 ans d’absence, Renault ressuscite la légendaire marque Alpine. Nouveau jalon d’une stratégie de conquête, le nouveau coupé premium trouvera-t-il sa place ?

Quelques mois seulement après l’annonce de son retour en Formule 1, Renault présente l’Alpine Vision, concept car qui devrait largement préfigurer le modèle de série.

Renouer avec la légende du sport automobile

Créée en 1955 par Jean Rédélé, la marque Alpine n’est plus commercialisée depuis 1995 mais son aura dépasse encore largement les frontières françaises. Durant les années 1960, la marque écume tous les rallyes et, ultime consécration, devient championne du monde en 1973.

En relançant Alpine, la marque au losange se cherche un ancrage dans l’univers des voitures de sport haut-de-gamme et se démarquer de la concurrence.

L’Alpine Vision reprend plusieurs fondamentaux de la célèbre berlinette A110 des années 1960-1970.  Gros antibrouillards ronds, lignes aérodynamiques, légèreté, la version de série sera capable de passer de 0 à 100 km en 4,5 secondes.

Un pari osé

Lancé à l’origine par Carlos Tavares, alors numéro 2, le projet Alpine devait associer Caterham. En 2014, Renault décide de racheter la participation que le constructeur britannique, en difficulté, détient dans la Société des Automobiles Alpine. Renault doit donc assumer seul les coûts de développement et n’a pas le droit à l’erreur.

150 millions d’euros seront investis dans l’usine historique de Dieppe, pour une enveloppe globale avoisinant les 650 millions d’euros… Or, pour Carlos Ghosn, le projet doit être rentable tout de suite. La nouvelle Alpine piochera donc dans les autres modèles de l’Alliance : la boîte de vitesse de la Clio RS, probablement des motorisations Nissan, ou un châssis Renault…

Côté volumes, la production ne dépassera pas les 4000 véhicules par an. Sur les routes en 2017, le coupé sera vendu entre 40 000 et 50 000 euros, voire au-delà. Une niche.

Mais une niche bien gardée. Lorsqu’on se trouve en concurrence frontale avec Porsche, le storytelling ne suffit pas. Surtout, la maîtrise des coûts ne doit pas faire perdre de vue ce qui est encore trop souvent perfectible chez les constructeurs français, la qualité des finitions. Les acheteurs capables d’acquérir un tel bolide sont particulièrement exigeants, il ne s’agit pas de les décevoir.

Une stratégie de marque à part entière ?

En cas de succès, Alpine peut tracer sa route bien plus loin et devenir une marque à part entière. Si le succès est au rendez-vous,  plusieurs pistes sont envisageables : cross-over, voiture électrique, berline…

Cette stratégie rappelle celle de Peugeot-Citroën  avec la marque DS. Mais comme le prouve les difficultés du constructeur sochalien, il sera ardue de se frayer une place dans un marché premium dominé de la tête et des épaules par les marques allemandes.

Ce qui est certain, c’est que Renault est de retour. Après une décennie d’échecs commerciaux et d’errance en matière de style et de positionnement, le groupe a achevé sa mue et se reprend à rêver et à faire rêver.