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Pequignet, phénix de l’horlogerie française

Publié le 27/02/2018
Gauthier Kerros


Après avoir frôlé la faillite par deux fois, la fameuse maison de Morteau va mieux. Reprise par quatre de ses cadres en février 2017, Pequignet propose une nouvelle collection avec des montres plus accessibles, en s’inspirant du passé pour assurer l'avenir.

Fondée en 1973 par Emile Pequignet à Morteau, l'un des berceaux historiques de l'horlogerie française, la maison éponyme a connu bien des péripéties en 45 ans d’histoire.

Une identité forte « à la française »

Visionnaire, Emile Pequignet dessine lui-même tous ses modèles. Sa forte créativité lui permet de s’imposer rapidement et son nom s’exporte avec succès à l’international. En quête d’une identité forte et racée, il n’hésite pas à associer équitation et horlogerie, ses deux passions, avec les collections Moorea (1984) et Equus (1987).

Au début des années 1990, l’industrie horlogère mécanique souffre de l’arrivée massive des montres à quartz japonaises. Emile Pequignet repositionne alors l’entreprise sur le segment haut de gamme. Cette stratégie fonctionne tant et si bien qu’en 1999 marque s’expose à Baselworld, le salon mondial de l'horlogerie et de la bijouterie, au milieu de ses grandes sœurs suisses.

Des ambitions ravagées par les crises financière et horlogère

Le fondateur passe la main en 2004. Il cède l’entreprise à Didier Leibundgut, un ancien de Zenith. L'homme voit grand et voit loin. En 2006, il dote Pequignet de son propre atelier de production. Puis naît en 2010 le Calibre Royal, un mouvement innovant capable d’accueillir sur une même platine toutes les complications horlogères. Mais l’aventure est coûteuse. La crise financière n’arrange rien. L’entreprise est placée en redressement judiciaire en 2012.

Laurent Katz et Philippe Spruch sauvent de la faillite l’entreprise mortuacienne. Ils investissent 15 millions d’euros, revoient les collections, créent de nouveaux modèles… Mais la maison est frappée de plein fouet par la crise horlogère. Les conséquences de attentats, notamment la baisse du tourisme en Europe, mais aussi les mesures anti-corruption en Chine ont fait chuter de moitié le chiffre d’affaires. Le tribunal de commerce de Besançon place l’horloger français en liquidation judiciaire en novembre 2016.

Une renaissance marquée par un retour aux sources

Finalement Pequignet est reprise par quatre de ses cadres, un ingénieur et trois commerciaux. La maison survit, mais l’atelier doit se séparer de 26 des 42 salariés. « On est en phase de stabilisation, les premiers résultats sont encourageants, mais rien n’est gagné », explique aujourd’hui Dani Royer, le nouveau président.

Côté horlogerie, la marque fait le choix du haut de gamme accessible, l’ADN de Pequignet, autour des collections Moorea (de 900 à 2.000 euros) « Manufacture Calibre Royal » (de 3.800 à 7.500  euros). Pequignet vient également de lancer un nouveau mouvement Royal à remontage manuel EPM02. Le mouvement de cette « Manuelle Royale » a été allégé des fonctions que l’on pouvait observer sur le Calibre Royal Automatique, en allant à l’essentiel. Pour un prix défiant toute concurrence : 2.850 euros.

De quoi allécher les amateurs de belles tocantes et pérenniser l’activité de cette belle maison française.