Avec Luxottica, Essilor va en mettre plein les yeux

Avec Luxottica, Essilor va en mettre plein les yeux

Publié le 06/03/2018
Gauthier Kerros


Les autorités de la concurrence américaine et européenne l’ont approuvé sans condition : Essilor, le numéro un mondial des verres ophtalmiques, va fusionner avec Luxottica, fabricant de montures, pour former le leader mondial de l’optique.

Annoncée en janvier 2017, la fusion entre le français Essilor et l’italien Luxottica devrait être finalisée au premier semestre de cette année. La Federal Trade Commission américaine, la Commission européenne et 13 autres pays ont approuvé la méga-fusion des deux géants.

« Nous avons consulté près de 4.000 opticiens en Europe et, d'après les informations recueillies, Essilor et Luxottica ne deviendraient pas assez puissants sur le marché pour porter préjudice à la concurrence », a déclaré dans un communiqué Margrethe Vestager, commissaire européenne chargée de la politique de la concurrence.

Quatre ans après le début des négociations, l’issue semble heureuse. Comme les deux groupes le répétaient, il ne pouvait y avoir situation de monopole dès leur lors que leurs activités sont différentes, bien que très complémentaires. Essilor, numéro un mondial de l’optique ophtalmique, élabore des verres correcteurs. Luxottica est quant à lui fabricant et distributeur de montures de luxe (Ray Ban, Persol… et les licences Armani, Chanel ou Prada).

Essilor apporte ses capacités d’innovation et de production quand Luxottica lui fait profiter d’un colossal réseau de distribution. Les 32 usines de pointe du français contre les 8 000 points de vente de l’italien. Avec ce mariage, les deux entreprises espèrent économiser entre 500 et 600 millions par an.

Si les deux entreprises insistent sur un mariage entre égaux, il n’en reste pas moins que le centre de gravité va se décaler de Milan à Paris. Le nouvel ensemble de 50 milliards d’euros sera français, côté à la bourse de Paris, mais Leonardo Del Vecchio, le fondateur de Luxottica, contrôlera 30% du capital.