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Frenchvanitytribune

Cafés Méo, tradition et innovation depuis 90 ans

Publié le 11/07/2018
Gauthier Kerros


Les Cafés Méo, c’est d’abord une histoire de passion, celle du goût. Depuis 1928, la marque a toujours fait le pari de la qualité et de la réactivité. Grands crus, commerce équitable, bio, dosettes, le premier torréfacteur français a toujours su répondre à la demande des amateurs de cafés.

Tout commence au début des années 1920, lorsque Jules et Emile Meauxsoone, originaires de Warneton en Belgique, arrivent à Lille. Ils commencent alors à vendre des produits laitiers, de la volaille et du café sur les marchés. Le succès aidant, ils ouvrent dès 1928 leur propre épicerie, rue Saint André.

Très vite, les deux frères décident de se consacrer uniquement au café qu’ils torréfient en boutique devant les clients. Pour à améliorer sa qualité, ils décident de contourner les grossistes. Ils sont parmi les premiers à obtenir plusieurs licences d’importation directe de cafés qui leur permettent de sélectionner eux-mêmes leurs produits.

Durant les années 1930, la renommée des deux Maîtres Torréfacteurs va grandissant et en quelques années, ils ouvrent six salons de café dans la métropole lilloise. Avant que tout soit réduit à néant par la Seconde Guerre mondiale et cinq années d’Occupation.

Mais les Meauxsoone ne se laissent pas abattre. La guerre terminée ils créent leur propre marque de café, « Méo », et profitent à plein de l’essor de l’après-guerre. En 1954, Méo ouvre sa première boutique au 95 de la rue Saint Lazare à Paris (qui existe toujours).

Au fil des années, la marque diversifie sa gamme. En 1970, la marque prend le tournant de la grande distribution avec son entrée dans les linéaires des supermarchés Auchan. En 1986, elle créé sa première marque de distributeur pour Leclerc, sans perdre de vue la qualité, bien au contraire.

Les Cafés Méo s’engagent pour le respect de l’environnement et des petits producteurs, et elle obtient la certification Max Havelaar en 1999. En 2000 et 2001, l’entreprise reçoit les agréments Ecocert et ISO 9001. En 2007, elle reçoit le prix ECO-TOP. Ce trophée récompense des PME qui réduisent l'impact des emballages et des conditionnements sur l'environnement.

Aujourd’hui, le torréfacteur lillois continue de prendre de l'ampleur. Premier torréfacteur indépendant depuis sa fusion avec Fichaux en 2012, le groupe détient aujourd'hui 14 % des parts du marché français, à la fois à travers des marques de distributeurs (MDD) et sa marque propre, dans un marché détenu à 75% par des multinationales.

Après avoir réalisé en 2017 un chiffre d'affaires de 140 millions d’euros, avec 250 salariés, l'ETI familiale compte atteindre le cap des 200 millions d’euros dès 2020. Implanté quai de l’Ouest à Lille et rue Gustave Scrive à La Madeleine, le groupe nordiste produit aujourd'hui 34.000 tonnes de café par an et entend accélérer son développement.

Pour poursuivre sa croissance globale, le groupe entend promouvoir sa marque propre, en améliorant notamment sa diffusion nationale. « La marque Méo est déjà présente partout, mais pas forcément avec la profondeur de gamme souhaitée. Nous sommes dans 6 magasins sur 10 en France », explique Pascal Leleu, directeur commercial du groupe. Il précise : « Nous sommes en discussion pour entrer chez Système U, ce qui nous ferait gagner 860 magasins d'un coup ».

Surtout, Méo-Fichaux mise sur les capsules : un produit en croissance de près de 20 % par an et sur lequel le torréfacteur possède un certain savoir-faire. « En 2013, nous étions le deuxième ou troisième intervenant à démarrer sur le marché des capsules. Aujourd'hui, nous en sommes à la quatrième génération. Avec les marques propres et les marques de distributeurs, nous détenons 60 % des parts du marché de la capsule compatible Nespresso », indique Gérard Meauxsoone.

L’ETI familiale vient d’ailleurs d'investir 8 millions d'euros dans une nouvelle ligne de production de capsules compatibles Nespresso, inaugurée en juin 2017. Baptisée Ligne 32, celle-ci est capable de produire 1.000 capsules à la minute.

Le torréfacteur produit actuellement 200 millions de capsules par an et affiche une capacité deux fois et demi supérieure. Il s'apprête d'ailleurs à lancer une nouvelle capsule biodégradable et hermétique, pour répondre à une tendance du marché.

Méo-Fichaux mise enfin sur une autre tendance, celle du bio, que ce soit pour la capsule ou le grain moulu. « Le bio représente 25 % de notre production et la marque Cafés Méo se positionne comme numéro un sur le retail en bio », indique le co-dirigeant.

En 90 ans, Méo a su s’adapter, se renouveler, se réinventer face aux turbulences, aux exigences du commerce moderne et aux nouvelles habitudes de consommation des amateurs de café. Un bien bel exemple à suivre.