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Hauts-de-France, région pro-business

Publié le 27/10/2018
Gauthier Kerros


La Région Hauts-de-France compte près de 300.000 entreprises, des TPE comme des grands groupes, des leaders mondiaux bâtis au fil des décennies, comme de jeunes startups pleines d’avenir. Pour favoriser leur développement sur son territoire, le conseil régional a mis en place de nombreux dispositifs. André-Paul Leclercq, Conseiller régional et Président de la Commission « Au Travail » a bien voulu nous les présenter.

Quels sont les dispositifs mis en place par la région Hauts-de-France pour accompagner la création d’entreprise ?

Un accompagnement sur-mesure est sans nul doute l’une des conditions de la réussite d’un projet. C’est pourquoi, la Région Hauts-de-France a lancé le dispositif « Chéquier STARTER », qui propose 4 accompagnements correspondant à autant de phases de la vie d’un projet : du montage du projet jusqu’au suivi de l’entreprise créée jusqu’à ces 3 ans !

L’objectif est de réaliser cette année 30.000 accompagnements et d’arriver à la création d’au moins 10.000 entreprises. Pour en savoir plus, il suffit de se rendre sur le site starter.hautsdefrance.fr.

La vie des entreprises est souvent mouvementée, avec des hauts mais aussi des bas. Quelles aides la région propose-t-elle à la fois pour accompagner leur développement et les soutenir en cas de difficultés ?

La Région Hauts-de-France a fait de l’accompagnement des entreprises une de ses priorités majeures. Cette ambition se traduit notamment par l’existence d’une direction opérationnelle de la Région dédiée à 100 % au soutien des entreprises.

La direction de l’appui aux entreprises est en capacité de soutenir les dirigeants de toutes les entreprises (TPE, PME, groupes) dans toutes les situations : implantation, développement, ou consolidation financière.

Les équipes de la Région sont des véritables assembleurs de solution et sont en capacité de mobiliser autour des problématiques d’entreprises rencontrées à la fois des conseils, des mises en relation, des aides directes, des outils financiers régionaux ou encore des financements européens.

Concernant les aides directes, la Région Hauts-de-France dispose d’une gamme complète de dispositifs (10 + 3 spécifiques ESS) qui permettent d’accompagner toutes les tailles d’entreprises et toutes les situations. Les modalités d’intervention sont très généralement des avances remboursables et plus ponctuellement des subventions.

A noter, concernant le soutien aux entreprises en difficulté, l’existence de 2 dispositifs uniques en France : le fonds de premier secours (en partenariat avec les tribunaux de commerce) et Hauts-de-France Prévention (en partenariat avec la CCI Hauts-de-France) qui permettent des injections très rapides de trésorerie pour TPE ou PME confrontées à des difficultés conjoncturelles.

Un guichet unique a été mis en place à destination des entreprises. Il est joignable par téléphone au 03.74.27.00.27 ou par mail via entreprises@hautsdefrance.fr

Le recrutement est souvent un casse-tête pour les chefs d’entreprises. Que fait la région pour les encourager à embaucher et les aider à trouver les bons profils ?

La Région a souhaité agir de manière volontariste à la lutte contre le chômage, c’est pourquoi le dispositif Proch’emploi a été mis en place dès le 5 janvier 2016. À l’origine de Proch’Emploi, un constat : de nombreuses offres d’emploi ne sont pas pourvues alors que dans le même temps des demandeurs d’emploi ont du mal à trouver un emploi dans des secteurs qui pourtant recrutent. Avec Proch’Emploi, il s’agit d’apporter des solutions nouvelles en mettant en relation employeurs et demandeurs d’emploi.

Le dispositif Proch’emploi se fixe plusieurs objectifs : refonder les relations entre les demandeurs d’emploi et les entreprises ; agir avec les territoires et le monde socio-économique afin d’optimiser les opportunités concrètes d’emploi et de parcours d’alternance ; accompagner les entreprises dans le recrutement et la formation (alternance - apprentissage) de leurs futurs collaborateurs.

Le principe de Proch’Emploi est simple : les demandeurs d’emploi contactent le numéro vert 0800.02.60.80 (appel gratuit depuis un poste fixe) et précisent dans quels secteurs ils recherchent un emploi, leur formation, leur parcours. Les chargés d’information enregistrent leur demande ; dans un délai de 15 jours maximum, les demandeurs d’emploi sont recontactés pour un rendez-vous et des propositions de solutions adaptées (mise en relation avec des entreprises, financement de formations supplémentaires si nécessaire...).

Pour être au cœur des bassins d’emploi, 21 plateformes territoriales Proch’Emploi ont été déployées dans toute la région. Elles ont vocation à créer des circuits courts, autrement dit, favoriser le contact direct entre les entreprises et les demandeurs d’emploi.

Co-présidée par un chef d’entreprise, chaque plateforme est animée par deux personnes, qui travaillent en réseau avec les entreprises de leur secteur géographique, en partenariat étroit avec les opérateurs traditionnels que sont Pôle Emploi et les missions locales. Leur rôle est double : d’un côté elles vont à la pêche aux offres d’emploi cachées (trois offres sur quatre ne transitent pas par Pôle Emploi), de l’autre elles présélectionnent des candidats qui pourraient convenir pour ces offres, et les présentent aux entreprises. A ce jour nous recensons 880 chefs d’entreprises investis dans Proch’emploi. 9.450 solutions ont été trouvées, dont 87% sont des emplois.

Le 5 avril dernier, Xavier Bertrand a présenté le nouveau dispositif Proch’Emploi Recrutement Entreprises en présence de Muriel Pénicaud, ministre du Travail. Objectif : apporter des solutions concrètes aux entreprises qui ont des difficultés à pourvoir leurs offres d’emploi.

En 2017, selon Pôle emploi, le taux régional de satisfaction pour un besoin en recrutement est de 39 jours (hors recrutement cadres), un délai qui s’est rallongé par rapport à 2016. Les raisons qui expliquent la non satisfaction des entreprises sont multiples : absence de compétences, recrutement dans l’urgence, inadéquation entre la réalité des postes et les exigences du recruteur, etc. Avec Pôle emploi, il a donc été décidé de mettre en œuvre un dispositif complémentaire à Proch’Emploi pour réduire ce délai de recrutement.

Concrètement, une entreprise qui peine à recruter depuis un mois peut appeler le numéro vert 0800.026.080. Dans les 10 jours, un binôme Pôle emploi/Proch’Emploi se rend au sein de l’entreprise pour cerner précisément ses besoins, et voir comment lui apporter les solutions les plus adaptées. Dans le mois un nouveau rendez-vous est programmé dans l’entreprise avec des propositions concrètes. Il pourra s’agir de lui proposer des CVs ciblés, des solutions de mobilité si les candidats en question ont besoin d’un prêt de véhicule ou encore de la mise en place de formations sur-mesure. A ce jour, le dispositif Proch’Emploi Recrutement Entreprises a reçu 98 appels pour 240 postes à pourvoir. 45 solutions (CDD, CDI, Alternance) ont été trouvées.

Le transport et la mobilité sont des facteurs clés d’attractivité d’un territoire. Canal Seine Nord, barreau ferroviaire Roissy-Picardie, lignes Paris-Amiens-Boulogne et Paris-Saint Quentin-Maubeuge, TERGV entre Amiens et Lille, renouvellement de la concession de l’aéroport de Lille... Où en sont tous ces dossiers ?

La Région Hauts-de-France est particulièrement moteur sur ces dossiers stratégiques.

Alors que l’Etat avait marqué une pause dans les grands projets d’investissement à l’été 2017, le conseil régional a obtenu qu’il poursuive le Canal Seine Nord Europe. La Société du Canal Seine Nord Europe (SCSNE) va être régionalisée, ce qui permettra un pilotage du projet par les collectivités territoriales et non plus par l’Etat, et ce afin que les enjeux territoriaux soient pleinement pris en compte. Le démarrage des travaux est prévu pour 2019.

Signe indubitable de la volonté de tous d’aboutir, le Premier Ministre a signé le 25 juillet dernier le décret de prorogation de la Déclaration d’Utilité Publique, qui confirme l’intérêt général du projet. Les différentes études de maîtrise d’œuvre se poursuivent à un rythme soutenu et les procédures d’acquisitions foncières ont pu reprendre.

S’agissant du barreau ferroviaire Roissy-Picardie, un temps également menacé par la pause décrété par le Gouvernement dans les grands projets d’investissement, le rapport de la commission dite « Duron » a confirmé la pertinence du projet et la nécessité de la réaliser quel que soit le scénario de programmation retenu par l’Etat dans la future Loi d’orientation sur les Mobilités. Nous avons réussi à obtenir la relance du projet et la Région délibèrera ainsi en septembre de cette année pour que les études préalables à la Déclaration d’Utilité Publique (DUP) puissent reprendre, en vue d’organiser au plus tôt l’enquête publique préalable à cette DUP.

En termes de déplacement des voyageurs, la Région a également accepté de devenir Autorité Organisatrice des Trains d’Equilibre des Territoires Paris-Amiens-Boulogne et Paris-Saint Quentin-Maubeuge au 1er janvier 2019. L’Etat venant de confirmant ses différents engagements financiers, tant dans sa participation au renouvellement des matériels roulants que dans son financement à l’exécution du service ferroviaire, cette reprise sera confirmée lors des prochaines réunions de l’Assemblée régionale.

S’agissant de l’extension des TERGV entre Lille et Amiens, ce sujet est en cours de négociation avec la SNCF dans le cadre de la future convention d’exploitation des TER. L’ambition de la Région est bien d’étendre ce service jusqu’à Amiens, notamment pour réduire les temps de parcours, avec une possibilité d’application au service annuel 2020 si les négociations avec la SNCF se concluent favorablement.

Enfin, le renouvellement de la concession de l’Aéroport de Lesquin, portée par le Syndicat Mixte des Aérodromes de Lille-Lesquin et Merville, est en cours. Le recueil des candidatures auprès d’opérateurs intéressés par l’exploitation de l’aéroport s’est achevé le 31 août. Le cahier des charges de la concession, dont les détails ne peuvent être dévoilés à ce stade réglementé de la consultation, sera communiqué à ces opérateurs à l’automne de cette année. Les négociations à suivre doivent permettre un démarrage effectif de la concession en 2020.