La salle Sthrau de Maubeuge, joyau restauré de l'Art-Déco

La salle Sthrau de Maubeuge, joyau restauré de l'Art-Déco

Publié le 07/11/2018
Gauthier Kerros


Rouverte au public depuis le 20 octobre, après plus de vingt ans de fermeture et deux années de travaux, la salle Sthrau de Maubeuge, joyau de l’Art déco, a retrouvé de sa superbe et se laisse à nouveau admirer.

L’histoire de la salle Sthrau est assez remarquable : ancienne chapelle du collège des Jésuites édifiée en 1624 au cœur de Maubeuge, elle est désacralisée à la Révolution française et rebaptisée du nom d’un jeune tambour de 14 ans tombé sous les balles prussiennes lors de la bataille de Wattignies.

En 1914, alors qu’elle accueille le musée, une bibliothèque et une salle de musique, elle est en grande partie détruite par les bombardements allemands. Seuls rescapés : les murs et le pignon de la chapelle, de style baroque. En 1925, pour effacer ces stigmates, la ville confie à l’architecte Henri Lafitte la tâche de reconstruire et de sublimer l’édifice.

Deux années de travaux plus tard, le public découvre une salle des fêtes de style Art déco, organisée sur deux niveaux : au rez-de-chaussée une salle de musique décorée d’une série de panneaux peints et d’un plafond à caissons, à l’étage, sous une somptueuse verrière, une salle de bal à laquelle on accède par un escalier monumental.

Dès lors, nombreux seront les Maubeugeois qui profiteront, durant le XX ème siècle, des couleurs chatoyantes et du riche décor lors de concerts, bals et autres manifestations.

Malgré son inscription partielle puis totale à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1958 puis en 1997, le bâtiment est laissé en déshérence et doit finalement fermer ses portes au public en 1998 pour des raisons de sécurité.

Après l’avoir sauvegardé par des travaux de réfection complète de la toiture en 2003, la ville s'est lancée dans un vaste chantier de restauration. Pour réunir les 5 millions d’euros nécessaires, la municipalité a pu compter sur le mécénat de la Fondation Totale (à hauteur de 150.000 euros) et sur la campagne de don lancée via la Fondation du patrimoine (30.000 euros collectés).

Après deux années de travaux, les deux coupoles, les corniches de la voûte, les peintures décoratives et la ferronnerie ont été restaurés. Cet écrin exceptionnel par sa qualité, sa rareté mais aussi par son intégralité, a été inauguré le 8 novembre sous le haut patronage du président de la République.