Palais de Compiègne, joyau méconnu de la France impériale

Palais de Compiègne, joyau méconnu de la France impériale

Publié le 05/12/2019
Gauthier Kerros


À seulement une heure trente de Lille, le plus agréable dépaysement attend le visiteur du palais de Compiègne. Entre ville et forêt, patrimoine et nature s’y allient dans le souvenir des rois et empereurs qui s’y sont succédé.

Située aux abords de l'une des plus belles forêts de France, Compiègne a vu séjourné presque tous les souverains de Clovis à Napoléon III. Si les origines du Palais de Compiègne remontent donc au Moyen-Age, c’est à Louis XV, passionné de chasse, et à Ange Jacques Gabriel, son architecte, que l’on doit la transformation et l’agrandissement du site tel qu’on le découvre aujourd’hui.

Après la Révolution, la royauté tombée, Napoléon Ier ordonne sa remise en état pour y accueillir sa seconde épouse, l’impératrice Marie-Louise. Le palais connait également ses heures de gloires sous le Second Empire. Séduits par la ville de l’Oise, à la fois si proche et si loin de Paris, Napoléon III et l’impératrice Eugénie en font leur résidence de prédilection et reçoivent têtes couronnées et personnalités en vue lors de leurs fameuses « Séries de Compiègne ».

Conduits par train spécial, la centaine d’invité était logée dans les appartements du Palais. Hommes de lettres ou de science, artistes, personnalités du monde politique et hauts-fonctionnaires figuraient parmi les invités aux côtés d’habitués comme Viollet-le-Duc ou Mérimée. Chasses, excursions, jeux, bals, concerts et pièces de théâtre occupaient ces journées. « De tout temps », explique Gilles Grandjean, conservateur en chef du patrimoine et responsable du Musée du Second Empire, « les souverains firent de Compiègne une résidence choisie où l’étiquette était plus légère et l’atmosphère plus détendue. »

Aujourd’hui, le palais et son parc qui s’étend à perte de vue constituent un ensemble exceptionnel, hors du temps. Déambuler dans les galeries, grand escalier, chambres, bibliothèque et autres boudoirs, c’est replonger dans l’atmosphère surannée de la cour impériale.

Le palais accueille également le Musée national de la voiture et du tourisme, inauguré en 1927. L'évolution de l'automobile y est exposée à travers une trentaine de modèles témoignant des types de propulsion (vapeur, électricité, pétrole). On retrouve les pionniers comme Panhard et Levassor, Renault, Hotchkiss... Notre coup de cœur est sans doute la « Jamais contente », avec sa forme de petite fusée, première automobile à dépasser les 100 km/h en 1899. La collection est superbe, mais elle n’est pas accessible tous les jours. On vous conseille d'appeler la veille ou le jour-même pour vous en assurer.

Pour terminer votre visite en apothéose, nous vous conseillons de vous rendre au salon de thé aménagé dans les anciennes serres tempérées qui jouxtent le jardin des Roses. Une invitation sur les pas des Impératrices, entre beauté et gourmandise.