Éléonore Deshayes, le réalisme recomposé

Éléonore Deshayes, le réalisme recomposé

Publié le 06/01/2020
Gauthier Kerros


A partir de « la plasticité ambiante » des lieux qu’elle visite, Eléonore Deshayes recompose des paysages éclatés où la mémoire et l’exactitude de la photographie doivent collaborer pour créer une nouvelle vérité.

Née en 1992, Éléonore Deshayes est diplômée de la Haute Ecole des Arts du Rhin de Strasbourg en 2016. Aujourd’hui, elle vit et travaille à Lille, à la Malterie structure de soutien à la recherche et à l'expérimentation artistique dans les domaines des arts visuels et des musiques actuelles.

Éléonore Deshayes moissonne des parcelles d'univers pour construire des paysages qui semblent pourtant exister de toute éternité. Lors de ses voyages, elle utilise la photographie comme une prise de note graphique afin de saisir les formes, les motifs et les textures de l'environnement qui l'entoure. « Je prends dans la nature ce qui m'est nécessaire et j'en combine les effets, tout en cherchant autre chose que l'espace réel », explique-t-elle. Il s'agit d'une quête, où l’imagination et la mémoire collaborent.

Quelque part entre les Nabis, David Hockney et Peter Doig, Éléonore Deshayes s’affranchit de la tridimensionnalité, des horizons usés et trop balisés du réel, pour privilégier une allégorie naturelle. Ses paysages inouïs, nés d'un assemblage fictionnel, savant et inspiré, nous plongent dans une autre dimension.

Véritables « poésies flottantes » comme elle les appelle, ses tableaux voient leurs couleurs glisser les unes sur les autres. Les tons fusionnent, sans plus de frontière. Par ces couleurs indéfinies, diluées, Eléonore donne du mouvement aux paysages. Flottants comme la vie, le temps, les sentiments et les souvenirs.