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Les bronzes fascinants de Romain Langlois

Publié le 23/06/2016
Gauthier Kerros


Les œuvres de Romain Langlois obligent le spectateur à adopter un nouveau rapport aux choses. Le sculpteur cherche à créer un doute et invite le spectateur à prendre un temps, à contempler ce que d’ordinaire il méprise. En véritable alchimiste, Langlois transforme le mal-vu et le trop-vu en jamais-vu.

Né en 1977 à Saint-Etienne, Romain Langlois vit en Auvergne, dans la Loire, à Unieux. Après des études de design, il conçoit pendant quelques années l’agencement et l’aménagement de magasins au sein d’un cabinet d’architecte.

En 1999, il se met à la sculpture de manière autodidacte en parcourant des livres de médecine et des planches anatomiques afin d’appréhender le corps et ses mécanismes. Un an plus tard, il entame une formation à l’Ecole Nationale des Arts Décoratifs de Strasbourg, sans s’y attarder.

Au départ, il travaille exclusivement la terre et le plâtre, puis il s’intéresse au bronze et s’initie à la taille de pierre, qu’il intègre à ses sculptures.


Rodin, Brancusi, Pennone, Benglis… Langlois remonte instinctivement et en accéléré l’histoire de la sculpture. Son évolution est un voyage aussi bien vers la fluctuation de la matière qu’au travers du champ des possibles de cette discipline.

À la manière d’un alchimiste, Romain Langlois change la substance des matériaux dont il s’empare et les replace sous nos yeux, ni tout à fait pareils, ni tout à fait différents. Changé en bronze, le morceau de bois qu’on avait mis au rebut reprend vie et nous interroge.

Les sculptures de Romain Langlois sont comme des énigmes qui nous questionnent sur ce que l’on croit connaître. Elles nous font prendre conscience de notre environnement, mais en déplaçant notre regard, pour qu’on cesse de se placer au centre du tableau…