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L'Institut du Monde arabe se dévoile à Tourcoing

Publié le 17/11/2016
Gauthier Kerros


Dans la lignée du Pompidou-Metz et du Louvre-Lens, et après quatre années de « préfiguration » parfois laborieuses, l’Institut du monde arabe (IMA) s’installe définitivement dans la métropole lilloise, dans l’ancienne école de natation de Tourcoing.

L’inauguration ce 17 novembre 2016 de l’Institut du Monde Arabe (IMA) de Tourcoing consacre une double renaissance.

Celle de l’école de natation de Tourcoing tout d’abord. Construite en 1904, elle a vu passé des générations de petits tourquennois, jusqu’en 1999, date de sa fermeture. Après 16 ans d’abandon et un an de travaux (pour un coût de 1,2 million d’euros), la première partie du bâtiment est réhabilitée pour accueillir les visiteurs dès cet automne.

Renaissance d’un projet aussi. En 2012, l’IMA de Paris décide d’ouvrir une première antenne décentralisée à Tourcoing. Mais reléguée au beau milieu de la friche industrielle de l’Union, elle peine à trouver sa place. En 2015, le maire de Tourcoing nouvellement élu, Gérald Darmanin (LR), propose d’installer l’IMA en plein centre de Tourcoing, dans l’ancienne piscine municipale. De quoi donner la visibilité nécessaire à pareille entreprise.

Au passage, l’IMA de Tourcoing acquiert son indépendance. L’antenne régionale fonctionnait sous l’égide de l’IMA de Paris. Le nouvel IMA est désormais géré par un groupement d’intérêt public, composé de la Région Hauts-de-France, la Métropole européenne de Lille, les villes de Tourcoing et Roubaix et l’IMA Paris. L’établissement dispose d’un budget autonome d’un million d’euros par an.

Pour l’heure, seuls 300 m2 d’exposition sont accessibles sur les 3 000 m2 que comptera l’Institut à la fin des travaux en 2019. Mais ce qu’on peut déjà y voir vaut largement le détour. Une fois gravi  l’imposant escalier, on découvre la collection permanente intitulée « Le monde arabe dans le miroir des arts ».

Son parti-pris est de montrer le monde arabe dans la diversité de ses sensibilités. Les créations modernes et contemporaines (Bahgory, Azzawi) de l’IMA de Paris sont ainsi mises en dialogue avec des œuvres prêtées par le musée du Louvre. Des pièces archéologiques de l’Orient ancien et de l’Islam côtoient ainsi des œuvres d’artistes français (Delacroix, Fantin-Latour) pour qui leur voyage « en Orient » a agi comme une révélation.

La prochaine exposition d’envergure concernera début 2019 les Chrétiens d’Orient. Mais l’IMA de Tourcoing se veut aussi un lieu vivant avec des conférences, des spectacles, des ateliers pour adultes ou enfants, et des cours de langue arabe.

La décentralisation de l’IMA de Paris suit résolument le mouvement esquissé par le Pompidou à Metz en 2010 et le Louvre à Lens en 2012. Son installation dans une ancienne école de natation fait, lui, écho à La Piscine de Roubaix. Avec plus de 200.000 visiteurs par an, on souhaite le même succès à l’IMA de Tourcoing.