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Fédération indépendante du "made in France" : se rassembler pour peser

Publié le 15/12/2016
Gauthier Kerros


Fédérer consomm’acteurs et fabricants pour renforcer l’écosystème du made in France et rompre l’isolement de ses acteurs : telle est l’ambition de la FIMIF et de sa présidente, Amandine Hesse.

Officiellement lancée le 14 juillet 2015, la Fédération Indépendante du Made In France(FIMIF) rassemble fabricants et consommateurs, en toute indépendance.

Ses objectifs: proposer des services collaboratifs entre entrepreneurs du « made in France », offrir une organisation militante aux consomm’acteurs et pérenniser le sujet du « made in France »  dans le débat public. Rencontre avec Amandine Hesse, sa présidente (à gauche sur la photo ci-contre).

Pourquoi avoir créé la FIMIF ?

L’idée nous est venue suite à un tour d’horizon de tout ce qui existait déjà sur le « made in France », que ce soit à destination du grand public, des fabricants et des médias.

Côté consommateurs, il existe bien des associations comme la CLCV ou 60 millions de consommateurs. Mais elles ne défendent pas spécifiquement le « made in France ».

Côté entrepreneurs, il existe de nombreux labels, des labels régionaux, le label « Origine France Garantie », une offre de tourisme industriel avec « Entreprise & Découverte », deux salons, « MIF Expo »  et « Made in France Première Vision »… Il y a aussi des annuaires, des livres, des blogs…

En revanche, il n’y avait pas de lieu de rencontre où les personnes qui font le « made in France » peuvent échanger entre eux de leurs problématiques très concrètes : Quelle marge appliquer ? Quel canal de distribution choisir pour tel ou tel produit ? Quels fournisseurs choisir ? Etc….

Il manquait aussi une structure qui communique dans les médias de manière pérenne sur le « made in France ». Jusqu’à présent, on en parlait surtout à l’approche des échéances électorales. La FIMIF est née de ce constat.

Qu’est-ce que la FIMIF ?

Nous sommes une association régie par la loi de 1901. Nous comptons 200 adhérents, dont 60% de professionnels et 40% de particuliers.

Le bureau est constituée des six fondateurs : Fabienne Delahaye, commissaire générale du salon MIF Expo, Mathieu Decroix, le créateur de l’annuaire « Le Bottin du Made in France », Vincent Berionni, créateur du moteur de recherche du made in France « prefrance.fr », Charles Huet, auteur du « Guide des produits Made in Emplois », Maxime Balsat, diplômé d’HEC Paris et consommateur et moi-même.

Nous avons voulu éviter toute reprise politique, toute collusion ou conflit d’intérêt.

Notre structure centrale est basée à Paris et s’appuie sur une vingtaine de bénévoles. Mais nous avons aussi créé un réseau d’ambassades régionales, avec la volonté de décentraliser notre association pour faire vivre le « made in

France » en région, parce que tout ne se fait pas à Paris. Actuellement, nous avons des ambassades à Montpellier, Marseille, Nice, Nantes et Bordeaux.

Qu’est-ce qui différencie la FIMIF de l’association Pro France et de son label « Origine France Garantie » ?

Dès l’origine, le but de la FIMIF n’était pas de réinventer la roue et de copier ce qui se faisait déjà. Contrairement à Pro France, la FIMIF ne donne pas de label. Nous ne sommes pas dans une démarche de certification de l’origine des produits.

Quelles actions menez-vous ?

Nous accompagnons les entreprises dans leur démarche de produire en France. Par exemple, nous les aidons dans le sourcing.

Pour les consommateurs, nous organisons des conférences, notamment dans le cadre de MIF Expo. Nous menons aussi des actions collectives de sensibilisation. Par exemple, nous avons tracté devant les grands magasins à l’occasion des soldes pour inciter à acheter français.

Nous publions également des études, un petit peu poil à gratter, accessibles sur notre site internet et souvent reprises par les médias.

La dernière est consacrée aux jouets de Noël, après celle sur les fournitures scolaires publiée en août. Notre but est d’avoir un impact positif concret sur la consommation des gens. Pour ce faire, à la fin de chacune de nos études, nous dressons une liste de tous les fournisseurs français que l’on connait.

Nous ne voulons pas être des donneurs de leçon, mais inciter chacun à faire mieux. Par exemple, suite à a la publication de notre première étude sur l’origine de fabrication des produits dérivés des partis politiques, l’un d’entre eux a relocalisé la production de ses t-shirts auparavant fabriqués au Bangladesh.

L’élection présidentielle approche. Envisagez-vous d’interpeller les candidats ?

Nous comptons leur poser des questions qui sont fondamentales à nos yeux, peu importe l’obédience politique des différents candidats.

Nous les interpellerons certainement sur des sujets comme l’obligation du marquage d’origine des produits, la lutte contre la contrefaçon et les moyens donnés aux douanes.

Je pense aussi qu’une fois tous les candidats connus, nous allons réactualiser notre étude sur les goodies des partis politiques, mais cette fois-ci en analysant les produits dérivés proposés par chaque camp pour soutenir leur champion.