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Les entreprises étrangères ont le crush pour Macron

Publié le 03/12/2018
Gauthier Kerros


Si le scepticisme, le pessimisme voire la défiance semblent l’emporter chez les ménages français, l’état de grâce dont joui Emmanuel Macron auprès des entreprises étrangères perdure. 18 mois après son élection, la treizième édition des « Etats de la France » réalisée par Ipsos montre que leurs dirigeants perçoivent très positivement les réformes adoptées, même s’ils se montrent encore réticents pour investir dans notre pays.

L’image de la France auprès des responsables d’entreprises étrangères a connu un véritable tournant dans la foulée de l’élection d’Emanuel Macron, selon la treizième édition des « Etats de la France » réalisée par Ipsos. Et cette dynamique positive s’est poursuivie et amplifiée au cours de l’année écoulée.

Alors qu’en 2016, seul 27% estimaient que leurs sièges mondiaux avaient une image positive de la France, ce chiffre a fortement augmenté à la suite de l’élection présidentielle (44% en 2017) et est même désormais majoritaire (67%). Surtout, les trois quarts des responsables interrogés (74%) jugent que de manière générale « la France est aujourd’hui un pays attractif pour les entreprises », soit une hausse de 38 points par rapport à 2016 et de 14 points depuis l’an dernier.

L’action d’Emanuel Macron et du gouvernement Philippe, en particulier en faveur des entreprises, est très largement saluée. Les trois quarts des répondants (75%) jugent son bilan positif. Réduction du taux de l’impôt sur les sociétés, suppression du forfait social, transformation du CICE en baisse de charges, suppression de l’ISF et création de l’IFI… 95% des personnes interrogées considèrent que ces réformes vont améliorer la compétitivité de la France.

Néanmoins, malgré cette amélioration de l’image de notre pays et ce bilan jugé très positif de l’action gouvernementale, on constate que les entreprises étrangères restent encore relativement frileuses envers la France. Seule 18% d’entre elles ont effectué des nouveaux investissements en France depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron, et 16% vont en réaliser au cours des prochains mois. De tels niveaux sont loin d’être négligeables, mais reste que les deux tiers des responsables d’entreprises étrangères installées en France affirment que leur maison-mère n’envisage pas de nouveaux investissements à court et à moyen-terme.

De fait, une partie importante des responsables interrogés estime que le rythme des réformes n’est « pas assez rapide », un chiffre en forte hausse par rapport à l’an dernier (+28 points). Cette impatience peut expliquer ces réticences à réaliser de nouveaux investissements. A noter que les priorités en matière de futures réformes concernent des sujets liés à « la réduction du coût du travail », au « déverrouillage du marché du travail » et au « renforcement de la compétitivité fiscale », qui sont prioritaires pour renforcer l’attractivité de la France aux yeux de respectivement 61%, 55% et 50% des responsables interrogés. La poursuite du processus de simplification administrative est aussi une attente prioritaire de 45% des sondés.

Si les investissements restent timides jusqu’à présent, les responsables d’entreprises étrangères annoncent très majoritairement (72%) que leurs maisons mères vont investir davantage en France dans les années qui viennent. D’autant plus que la France devrait bénéficier des conséquences du Brexit. Près de deux tiers des répondants (65%) estiment que la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne va permettre de renforcer l’attractivité de l’Hexagone (+9 points).