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Frenchvanitytribune

Ynsect, le biotech qui monte qui monte

Publié le 23/05/2017
Gauthier Kerros


Faire des protéines d’insectes un standard de l’industrie agroalimentaire pour répondre durablement à la demande croissante de la planète en viande et en poisson. Telle est l’ambition d’Ynsect, biotech francilienne.

Peu de gens ont conscience « de la manière dont les animaux sont nourris de nos jours », explique le président d’Ynsect Antoine Hubert (AgroParisTech), co-fondateur de la société en septembre 2011 aux côtés d’Alexis Angot (Essec), Jean-Gabriel Levon (Polytechnique) et Fabrice Berro (Ensimag).

Soja génétiquement modifié, céréales, farines de poissons…  la nutrition des animaux d’élevage a des conséquences environnementales majeures : déforestation, épuisement accéléré de la biodiversité océanique…

L’idée est donc de substituer ces sources de protéines par les insectes. Ynsect veut ainsi devenir le leader en matière d’élevage et de transformation des insectes à destination de l’industrie animale.


Auréolée de nombreux prix (Grand prix de l’innovation de la Ville de Paris, Concours national de la création d’entreprises agroalimentaires…) et grâce aux nombreux tours de table (35 millions d’euros levés en 6 ans), la start-up se développe rapidement.

Dans son laboratoire, la petite équipe d’Ynsect parvient à mettre au point un prototype de transformation du Tenebrio Molitor (le fameux ver de farine) pour produire de la farine protéique, utilisée dans l’alimentation animale. Dès lors, tout s’accélère.

La société s’installe au Génopole d’Évry, elle étoffe ses équipes de R&D et ouvre une unité de démonstration technologique et commerciale à Dole (Jura). Et la société, qui compte désormais près de 50 salariés, n’entend pas s’arrêter en si bon chemin.

Si Ynsect s’est pour l’instant concentré sur l’alimentation pour chiens et chats, la start-up vise le juteux marché de l’aquaculture (90 milliards d’euros par an). L’usage des protéines d’insectes pour nourrir les poissons d’élevage sera en effet autorisé à partir du 1er juillet prochain en Europe.

Cette nouvelle perspective permet à la biotech d’investir sereinement dans une nouvelle unité de production d’insectes, la plus grande au monde. De quoi produire au moins 20.000 tonnes de protéines par an.