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Frenchvanitytribune

Pharnext fait du neuf avec du vieux

Publié le 30/06/2016
Gauthier Kerros


La société biopharmaceutique française développe des traitements contre les maladies de Charcot et d’Alzheimer en combinant plusieurs molécules déjà présentes sur le marché et tombées dans le domaine public. En s’introduisant en bourse, elle compte lever plus de 36 millions d’euros.

Pharnext a été créée en 2007 par une équipe d’éminents scientifiques menée par le Professeur Daniel Cohen, à l’origine notamment de la première carte du génome humain en 1993.

La société biopharmaceutique française développe de nouveaux traitements ciblant des maladies neurodégénératives sévères, rares ou communes.

Un nouveau paradigme de recherche

Mais son originalité réside dans son approche singulière : développer des combinaisons de molécules qui sont tombées dans le domaine public pour traiter de nouvelles maladies.

Concrètement, la société identifie et développe des « combinaisons synergiques » de médicaments déjà approuvés mais pour d’autres maladies, ce que Pharnext appelle la « pléothérapie ». Ces « pléomédicaments » sont développés à des doses plus faibles et sous une nouvelle formulation.

Outre des traitements peu onéreux pour les organismes payeurs, Pharnext promet l’innocuité de ses traitements. « Les faibles doses utilisées permettent d’éviter la toxicité des molécules », explique le Professeur Cohen.

Des produits prometteurs contre les maladies de Charcot et d’Alzheimer

Son produit le plus avancé, le PXT3003, pourrait être « le premier traitement efficace contre la maladie de Charcot-Marie-Tooth », assure la société française. Le traitement est conçu sur la base d’une combinaison entre le Naltrexone, le Sorbitol et le Baclofène, prescrit normalement pour lutter contre l’alcoolisme.

Pharnext espère bénéficier d’un marché qu’il a estimé à un milliard de dollars, aux Etats-Unis et dans les grands pays européens, avec une mise sur le marché attendue en 2019, après l’annonce des résultats de la phase III en 2018.

L’autre médicament, le PXT864 sur lequel Pharnext fonde beaucoup d’espoir est un traitement contre la maladie d’Alzheimer qui associe le baclofène à l’acamprosate, une molécule également destinée à la lutte contre la dépendance à l’alcool.

Le succès de l’introduction en bourse quasiment assuré

Afin de finaliser l’essai clinique de son traitement contre la maladie de Charcot-Marie-Tooth et préparer la phase II de son traitement contre la maladie d’Alzheimer, Pharnext a annoncé cette semaine son introduction en bourse sur le marché Alternext d’Euronext à Paris.

L’action Pharnext sera cotée entre 10,82 euros et 13,20 euros. A 12 euros, le groupe lèverait pas moins de 36,4 millions d’euros.

Pharnext peut déjà compter sur des engagements de souscription totalisant 23 millions d’euros de la part de ses actionnaires historiques (le groupe pharmaceutique Ipsen et le fonds de capital-risque Truffle Capital), mais aussi de nouveaux investisseurs comme l’Institut Mérieux, le groupe Dassault et la biotech Galapagos.