Oorja, de l'énergie pour les campagnes indiennes

Oorja, de l'énergie pour les campagnes indiennes

Publié le 21/04/2016
Gauthier Kerros


Transformer des déchets agricoles en énergie renouvelable pour approvisionner des villages qui n’ont pas accès à l’électricité en Inde, tel est le concept d’Oorja, startup sociale et solidaire fondée par la française Clémentine Chambon et l’indien Amit Saraogi.

Récompensée par le prix « Innovateur social de l’Année » (Innovators under 35 France) décerné par la prestigieuse MIT Technology Review, Clémentine Chambon est une jeune femme brillante. Du haut de ses 23 ans, cette Franco-allemande prépare actuellement un doctorat à l’Imperial College, après avoir obtenu un master en génie chimique à l’Université de Cambridge.

Mais les études ne sont pas tout. Passionnée depuis  toute petite par le développement durable, elle créée en 2014 Oorja (« énergie » en hindi) avec Amit Saraogi, un Indien diplômé de Columbia en affaires internationales. Leur objectif : améliorer l’accès à l’énergie en Inde.

Electrifier les campagnes indiennes

Pourquoi l’Inde ? « Un tiers des gens qui n’ont pas accès à l’électricité dans le monde sont dans ce pays » explique Clémentine. « Et quand c’est le cas, ce n’est pas très fiable. Les populations n’ont alors que 4 à 5 heures d’électricité par jour ».

Pour remédier à cela, Oorja veut construire des « mini-centrales » hybrides, employant à la fois des panneaux solaires et la biomasse (à partir des déchets agricoles) pour produire de l’électricité et « la transmettre via un mini-réseau qui approvisionne deux ou trois villages dans une zone de 2 ou 3 kilomètres autour du système ».

Le projet pilote sera lancé dans l’Uttar Pradesh, au nord du pays, en octobre prochain. Dans cet état agricole très densément peuplé de 200 millions d’habitants, les villages sont très peu raccordés au réseau électrique.

Un impact global sur la vie des populations rurales

En véritable entreprise sociale et solidaire, l’objectif de la startup n’est pas seulement d’électrifier mais également de participer au développement de ces zones rurales.

Grâce à l’électricité produite par Oorja, les villageois n’utiliseront plus d’énergies fossiles polluantes, nocives pour la santé et coûteuses. L’électrification permettra d’éclairer plus longtemps les commerces, les écoles… Elle participera également à l’émancipation des femmes, en leur évitant la corvée du bois.

Chaque centrale, qui produira de quoi alimenter 20 à 30 entreprises et 100 à 150 foyers en énergie, sera gérée par des « micro-entrepreneurs » et des groupes d’entraides de femmes locaux.

Santé, éducation, économie, environnement, droit des femmes… tous les domaines seront impactés.

Même si Oorja se concentre pour l’instant sur l’Inde, Clémentine et Amit n’excluent pas de développer leur activité dans d’autres aires géographiques, en particulier en Afrique.