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Frenchvanitytribune

Agricool, pour une agriculture locale, urbaine et bio

Publié le 30/10/2017
Gauthier Kerros


Cultiver des fruits et légumes dans des containers, au cœur des villes. Tel est le pari un peu fou de Guillaume Fourdinier et Gonzague Gru, fondateurs d’Agricool. Un défi en passe d'être remporté.

Manger des fruits et légumes goûteux, bio et près de chez soi. La « foodtech » Agricool y travaille et développe son concept : la production en container.

« Mais qui a donc eu cette idée farfelue ? » me direz-vous. Il s’agit de Guillaume Fourdinier et Gonzague Gru, deux fils d’agriculteurs, originaires des Hauts de France, passés par les bancs de l’Edhec et de l’IESEG, deux écoles de commerces lilloises.

Si l’idée de produire en container parait saugrenue de prime abord, les résultats sont convaincants. Pour démontrer de l’intérêt de leur projet, les deux compères testent leur installation au parc de Bercy, à Paris, depuis octobre 2015.

Premier fruit cultivé : la fraise, fruit préféré des Français, mais surtout symbole de la dérive consumériste qui pousse les grossistes à s’approvisionner tout au long de l’année en Espagne ou au Maroc pour abreuver en permanence les étals des supermarchés.


Dans leur container de 30 m2, nos deux « agricoolteurs » ont recréé tout un écosystème. Une température de 22°C le jour et 16°C la nuit, une hygrométrie stable avec 75% d’humidité, un air filtré pour empêcher la pollution des villes et l’intrusion de bactéries, une lumière artificielle optimisée grâce à des LEDs basse consommation, une pollinisation assurée par des bourdons…Tout est pensé pour optimiser les conditions de culture, tout en étant écologique. Pour le moment, l’électricité est fournie par un contrat d’énergie « propre » et à la production compensée en carbone. A terme, elle pourrait être directement fournie par des panneaux solaires sur le toit.

Résultats : une production pratiquement nulle en carbone, des économies d’eau de l’ordre de 90% par rapport à une culture classique, pas de pollution des sols, pas d’épuisement des nappes phréatiques… et un rendement exceptionnel. Sur un espace pas plus grand que deux places de parking, les 3600 fraisiers cultivés par Agricool produisent 7 tonnes de fruits par an, l’équivalent d’un champ traditionnel de 4000 m2 !

Avec les 4 millions d'euros levés en novembre 2016 et les 8 millions d'euros réunis en juillet  auprès d'anciens investisseurs (Daphni et Henri Seydoux) et de nouveaux (Jacques-Antoine Granjon, Thibaud Elzière et eFounders), la startup passe à la vitesse supérieure, celle de la production. 

Cinq containers vont être installés en région parisienne d'ici la fin de l'année. Outre Bercy et le marché d'Asnières-sur-Seine, deux autres prendront place devant les locaux de Station F et devant ceux de vente-privee.com. « Nous sortons du côté "mignon" et "idéaliste'' afin de prouver que notre modèle d'agriculture urbaine est possible » explique Gonzague.

L’idée : tester plusieurs formes de distribution pour leurs barquettes de fraises (4 euros les 250 gremmes), de la livraison à la vente au container, en passant par la commercialisation en magasin, afin de trouver le modèle qui lui correspond le mieux. A moyen terme, la start-up souhaite franchiser ses conteneurs.

Et la jeune pousse ne compte pas s'arrêter à la fraise. Elle sait d'ores et déjà faire pousser des salades dans des conditions similaires aux fraises et démarre des recherches sur la tomate, le poivron et la courgette. A terme, Agricool rêve de couvrir l’ensemble de variétés de fruits et légumes consommés en France, quelle que soit leur saisonnalité.