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De Roubaix à Santa Barbara, Dagoma conquiert le monde de l'impression 3D

Publié le 13/11/2017
Gauthier Kerros


Devenu leader français de l’impression 3D en à peine quatre ans, la startup de l’année 2017 pour le Nord part à la conquête du monde. Première étape: les Etats-Unis.

En 2012, les imprimantes 3D coûtent une petite fortune. Surtout, elles sont difficiles à prendre en main. « Cela nous a pris 2 ans de développement, soirs, week-ends et vacances compris, pour sortir une machine à 299 euros... avec un seul bouton et pas de réglages ! » expliquent Gauthier Vignon, 36 ans, et Matthieu Régnier, 29 ans, tous les deux ingénieurs de formation.

En décembre 2014, ils sortent ainsi la Discovery200, l’imprimante 3D la moins chère du marché français, remplacée deux ans plus tard par la DiscoEasy200. « Elle plaît beaucoup à notre public geek car elle est customisable, évolutive et disponible en kit », souligne Matthieu Régnier. Jouets pour les enfants, objets de décoration, pièces de remplacement en cas de casse ou de perte... l’appareil permet d’imprimer des objets en plastique de 200 x 200 x 200 mm.

En mai dernier, Dagoma frappe de nouveau avec la Neva, « toujours plus universelle, toujours plus simple. On la sort du carton, on charge un fichier imprimable, on appuie sur un bouton, on imprime ». Pour tous les appareils, l’objectif est le même : « Rendre la 3D accessible à tous ». Nos deux « Géo Trouvetout » en sont convaincus, chacun pourra demain avoir son imprimante 3D tout comme on possède désormais son smartphone.

Pour réussir cette démocratisation massive, ils appliquent une recette unique : ce sont leurs imprimantes qui fabriquent directement leurs nouvelles machines. Plus précisément, les imprimantes 3D de Dagoma fabriquent 50 % des composants qui leur sont nécessaires.

Coup d’accélérateur en juillet 2016. Olivier Leclercq, ancien président de Décathlon et fondateur des hôtels Olivarius, investit 3 millions d’euros dans la startup. « Concrètement, cette levée nous a permis de renforcer notre équipe R&D et notre bureau méthode. Nous avons fait l’acquisition de nouveaux équipements de test et de qualification de nos produits. Nous avons aussi dopé l’équipe commerciale ».

Aujourd’hui, Dagoma emploie 80 personnes et devrait en compter une vingtaine d’autres d’ici la fin de l’année. Maintenance, montage, informatique, SAV, marketing, face à la demande, la startup embauche et s’agrandit afin d’augmenter sa capacité de production. Outre son siège à Roubaix, 2.200 m² dans d’anciens locaux de La Redoute, Dagoma a ouvert un « Dago’center » (centre de formation et d’assistance pour les clients) à Pessac, près de Bordeaux.

Depuis six mois, la startup a pris pied outre-Atlantique, en Californie, à une centaine de kilomètres de Los Angeles. Son but ? Y développer et créer une unité de fabrication. « C’est important, car il s’agit du premier marché mondial, qui va plus vite que l’Europe pour adopter les nouvelles technologies. Pour avoir un nom international, il fallait s’y installer le plus vite possible », décrypte Matthieu Régnier, qui s’est lui-même installé en Californie. 

Mais les dirigeants de Dagoma ne comptent pas s’arrêter là. « Notre objectif est de nous installer partout dans le monde dès que possible, dans les deux ans qui viennent ». L’aventure ne fait que commencer !