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Frenchvanitytribune

Orséry, l’imprimante qui pourrait sauver les libraires

Publié le 02/03/2018
Gauthier Kerros


Une startup francilienne va-t-elle bouleverser le monde de l’édition? Orséry propose une nouvelle façon de fabriquer et de commercialiser les livres : l’impression à la demande en librairie, et ce en moins de dix minutes.

Même si les liseuses ont fait quelques adeptes, le lecteur français reste très attaché au livre papier. Mais l’édition est un secteur bien peu efficient, c’est le moi que l’on puisse dire. Sur les 600 millions de livres imprimés chaque année pour le marché français, 190 millions partent au pilon et 120 millions sont renvoyés leurs éditeurs…

Face à ce gâchis, Orséry propose un nouveau modèle économique, une nouvelle façon de fabriquer et de commercialiser les livres : l’impression à la demande sur les lieux de vente.

Concrétiser un tel changement de paradigme a nécessité presque quatre années de recherche. Choix du toner, du papier, de la colle, développement du logiciel... La startup s’est alliée à l’un des leaders mondiaux de l’impression, le japonais Ricoh, gage de qualité et de crédibilité.

Les livres sont donc réalisés par une Ricoh Pro C7100X : impression du texte, confection de la couverture, assemblage et massicotage. De quoi sortir un livre strictement identique à celui fabriqué par une grande imprimerie.

La « machine » offre également des options supplémentaires, comme une version en gros caractères pour les personnes malvoyantes ou une mise en page adaptée aux dyslexiques. Elle peut aussi être utilisée hors connexion, pour imprimer livres en auto-édition et albums de photos pour des particuliers.

Autre soutien important, celui d’Hervé de la Martinière, patron des éditions éponymes. L’accord de licence signé avec ce géant de l’édition a ouvert beaucoup de portes. Editis (Presses de la Cité, La Découverte, Bordas, 10/18, Pocket…), Belfond, Plon, Le Seuil, Dargaud ont déjà apporté tout ou partie de leur catalogue. Et les négociations se poursuivent avec d’autres maisons, françaises et étrangères.

Il faut dire que la protection des œuvres et la traçabilité sont totales : le lieu, la date et l’heure de chaque opération sont gardés en mémoire et le fichier est supprimé dans la presse numérique dès que le livre est imprimé. Le libraire n’a aucun moyen de récupérer le fichier ou de lancer une deuxième impression.

Selon Christian Vié, le fondateur de cette startup installée à Viroflay (Yvelines), ce nouveau concept ne fait que des gagnants. L’éditeur écarte tout risque de rupture comme de surproduction puisque l’ouvrage n’est produit que s’il est acheté. Le libraire augmente son offre sans immobiliser de stock et sans encombrer ses rayonnages d’invendus. Le lecteur obtient le livre de son choix en moins de dix minutes.

De quoi donner des boutons à Amazon…